Mardi 5 août 2008
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(Lire Mt 15, 1-2.10-14)
Des pharisiens et des scribes venus à Jérusalem s'approchent de Jésus et lui disent: "Pourquoi tes disciples ne se lavent pas les mains avant de prendre le repas." Jésus appelé la foule et leur
dit: "Ecoutez et comprenez bien! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur. Mais ce qui sort de la bouche voilà ce qui rend l'homme impur." [...]
L'Évangile du jour me rappelle le conseil libérateur reçu récemment à l'église par quelqu'un à qui je faisais part de certains de
mes doutes: "Peu importe que tu restes ou non dans l'Église. Dis-toi bien que si tu n'étais pas dans l'Eglise, tu serais ailleurs et ce serait pareil. L'important est de rester vrai avec
toi-même, avec ce que tu ressens au fond de ton coeur. La foi, ce n'est pas suivre un troupeau."
Dans le même genre d'idées, voici un texte d'un moine bénédictin, le père Hubert Thomas, tiré de "L'autre voix. Le désert, un espace de libération", un petit livre magnifique dont je donnerai
d'autres extraits plus tard:
"Peu à peu l'existence au désert opère la mutation profonde de l'homme qui s'y voue [...] Il arrive même que le désert fasse apparaître des divergences en ce qui
concerne les perceptions touchant l'essentiel. L'essentiel cru et professé est sans doute le même, mais il est vécu autrement. La révélation de ces distances est toujours douloureuse, car elle
amplifie la solitude. Mais pourrait-on purement et simplement l'éviter? Se cacher ces divergences, n'est-ce pas aspirer à une unité imaginaire où les différences sont perçues comme des blessures
et des insuffisances? Derrière cela, n'y a-t-il pas une attente plus ou moins nostalgique d'une fusion? Il faut bien le reconnaître: la visée des institutions chrétiennes va assez rarement dans
le sens de la liberté spirituelle.
L'homme du désert
devient donc inassimilable, car son itinéraire est unique. Il peut bien se vouer au même genre de vie que les autres,
désormais il lui faut tracer seul son chemin. Après les préliminaires qui peuvent être communs, il faut en venir à créer par soi-même sa propre vie. Comme le disait un psychologue chrétien: "Dieu
nous demande le courage d'être unique." Bien sûr, on peut toujours objecter ici le danger de l'individualisme, de la volonté propre. Ou plus simplement des erreurs. Ces dangers ne sont évidemment
pas nuls; la vie spirituelle n'est pas exempte de ces retours sur soi, de ces assauts du narcissisme de "la petite différence", comme disait Freud. Pourtant, en ce domaine-ci comme dans les
autres, les risques augmentent en proportion de la création qu'appelle la vie spirituelle. Qui veut les éviter devra renoncer au voyage. [...]
Le chemin du désert est un itinéraire de la foi. Il n'existe pas déjà décrit quelque part dans les institutions de la religion. Celles-ci peuvent seulement baliser un peu la route, prévenir des
impasses, mais non pas établir pas à pas le cheminement personnel, toujours inédit, toujours imprévisible et irréductible. Le danger immanent à ces institutions (et jamais totalement résorbé) est
de vouloir ramener tous les itinéraires sous un même dénominateur (fût-il conçu comme un idéal). Alors, la religion se substitue à la foi comme pour en conjurer l'originalité et en atténuer la
rigueur. Au lieu de partir comme Abraham le croyant, l'homme est retenu dans les parcours fléchés de la sagesse comblante. Ne serait-ce pas là d'ailleurs un point décisif: toute la tentative
religieuse n'est-elle pas de combler le manque, d'assurer comme une plénitude, d'évacuer la faille, tandis que la croix du Ressuscité ne vise point à combler mais à creuser ? "
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Lundi 4 août 2008
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21:06
Mon athéisme est révolu et j'essaie désormais de regarder l'Eglise positivement car, même si elle est faite de pécheurs, elle reste le Corps
mystique du Christ... Sauf que parfois j'ai des relents de mon athéisme passé qui remontent... Pardonnez-moi, mais aujourd'hui, je me soulage...
Je trouve dommage qu'une personne qui revienne vers l'Eglise après s'en être éloignée pendant des années ne puisse pas être rebaptisée ou reconfirmée. Je n'ai pas choisi mon baptême et j'étais
déjà athée quand j'ai été confirmée. A mon époque, disons il y a 20 ans, on faisait sa première communion par classe, sa profession de foi par classe, sa confirmation par classe. Même si ce
n'était pas présenté comme tel, il s'agissait de passages obligés dans le parcours scolaire, comme les examens en fin d'année. D'ailleurs le point de départ des processions pour ces cérémonies
était toujours l'école: on se rassemblait à l'école en robe blanche et on marchait dans le village jusqu'à l'église. En fait, non, ce n'était pas vraiment un examen de fin d'année: je ne me
souviens pas qu'on m'aie jamais demandé si je croyais en Dieu pour participer à tout ce folklore (appelons un chat, un chat). Au final, je recevais des
cadeaux autour d'une bonne bouffe. C'était tout ce qui comptait... C'était le dieu-père noël...
Aujourd'hui, à cause de ce cinéma, je ne peux pas être (re)baptisée ou (re)confirmée. Je ne peux plus poser cet acte libre qui permet de dire au Seigneur: "oui, je veux mettre mes pas dans les
tiens." Me proposer le sacrement de réconciliation comme lot de consolation me fait bien rire: c'est l'Eglise, par son Magistère, qui a bradé les sacrements au nom d'une tradition populaire qui
l'arrangeait bien et ce serait à moi à aller me confesser... Etait-ce un péché de ne pas croire en ce dieu-père noël que me présentait l'Eglise? N'était-ce pas, au contraire, providentiel? J'ai
sans doute bien des péchés à confesser, mais je ne considère pas que mon athéisme passé en fasse partie: l'athéisme n'est pas la négation du Dieu de Jésus-Christ, mais plutôt le rejet d'une
certaine image reçue de Dieu... Bref, le sacrement de réconciliation ne remplace pas le désir d'un second baptême/confirmation. Le
présenter comme tel, c'est à nouveau brader les sacrements.
Pourquoi ne peut-on pas reconnaître un sacrement de baptême ou de confirmation comme nul, comme c'est possible pour le mariage?
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Samedi 2 août 2008
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16:37
Quand le dernier arbre aura été abattu,
la dernière rivière asséchée,
le dernier poisson péché,
l'homme s'apercevra que
l'argent n'est pas comestible...
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Vendredi 1 août 2008
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21:10
Petit clin d'oeil à nos amis jésuites dont l'Eglise célébrait la mémoire du fondateur hier. J'avais recopié ce texte lors d'une de mes
nombreuses visites à l'Eglise de Saint Ignace à Paris. À l'époque, je me posais beaucoup de questions sur l'universel et le particulier en Jésus: comment l'infini qu'est Dieu peut-il tenir dans
le fini qu'est l'homme de Nazareth? Ce texte m'avait éclairée un peu... Malheureusement je n'ai pas noté son auteur. Hurtado, peut-être?
L'incarnation historique a nécessairement restreint le Christ et la vie divine par le temps et l'espace.
L'incarnation mystique qui est le corps du Christ, l'Eglise, enlève cette restriction et élargit à tous les temps et tous les espaces où il y a un baptisé. La vie divine apparaît dans le monde
entier. Le Christ historique a été juif et a vécu en Palestine au temps de l'empire romain. Le Christ mystique est chrétien du 20ème siècle, Allemand, Français et Africain. Il est prof et
commerçant, il est ingénieur et avocat et ouvrier et prisonnier et monarque... C'est tout chrétien qui vit dans la grâce de Dieu et qui aspire à conformer sa vie aux normes de celles de Christ
dans ses aspirations secrètes et qui a toujours cette aspiration à faire ce qu'il faut comme le Christ le ferait à sa place [...]
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Jeudi 31 juillet 2008
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Benoît XVI demande de prier pour un plus grand respect de la création
Intention de prière pour le mois d’août
ROME, Jeudi 30 juillet 2008 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI demande de prier pour un plus
grand respect de la création comme « grand don de Dieu ».
C'est l'intention qu'il propose, à travers l'Apostolat de la prière, suivi par quelque 50 millions de personnes à travers le monde, pour le
mois d'août.
Voici le texte de l'intention : « Pour que la famille humaine sache respecter le dessein de Dieu sur
le monde et devienne ainsi de plus en plus consciente du grand don de Dieu que la Création représente pour nous ».
Et voici le texte de l'intention missionnaire : « Pour que la réponse de tout le peuple de Dieu à la
vocation commune à la sainteté et à la mission soit encouragée et nourrie par un discernement attentif des charismes et une application zélée à la formation spirituelle et
culturelle ».
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Jeudi 31 juillet 2008
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12:01
À l'heure où l'« animal » est de consommation ou de compagnie, transgénique ou cloné, in silico ou virtuel, on finit par se
demander ce qu'est au juste un « animal ». La question est d'autant plus cruciale que toute la pensée occidentale s'est construite sur le dualisme homme/animal, reflétant la volonté
qu'a l’homme occidental de s’extraire à tout prix de cette « animalité ». Mais quelle est donc cet « animal », cette étrange créature dont l’homme s’arroge le droit de parler au
singulier, parquant ainsi dans la même catégorie le ver de terre et le chimpanzé?
L’« animal » est souvent défini, à tort sans doute, comme un être vivant dépourvu de conscience, de raison, d'intelligence, de
langage ou de culture: il manque forcément quelque chose à l'« animal » et ce quelque chose devient, a posteriori, la dignité humaine ou le propre de l'homme. Ainsi, tenter de définir
l'animal ne révèle rien d’autre que l’image que l’homme a de lui-même... Affirmer, par exemple, que l’« animal » est un être dépourvu de conscience de soi reflète une vision
individualiste de l'être humain typiquement occidentale : le propre de l’homme serait d'avoir conscience de lui-même, d'être attentif à sa propre personne...
Des sciences, comme l’éthologie, la primatologie ou la sociobiologie, sont en train de bousculer l’homme occidental en révélant
l’« animal » sous les traits d'un être sensible et social, capable de ressentir de l’affection, d’utiliser des outils et même de développer une culture. N’est-il pas embarrassant
de voir des chimpanzés s’enlacer et s’embrasser pour se réconcilier après un conflit? Humain, trop humain?
La théologie chrétienne de la création, avec la question du propre de l'homme, se doit d'être attentive à cette nouvelle image de
l'« animal » que nous renvoient les sciences, pour se situer sur la scène de ce monde en pleine (r)évolution et y défendre la spécificité du message évangélique, sans faire l'impasse
sur l'actualité scientifique. Des mal-entendus avec la science sont si vite arrivés...
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Mercredi 30 juillet 2008
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(Mt 13, 44-46)
Jésus disait à la foule ces paraboles
: « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.
Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.
»
Découvrir le Royaume, c'est d'abord le regarder de loin, comme un trésor qui ne nous appartient pas, que nous n'avons pas: c'est prendre
conscience qu'il est à acquérir d'un Autre.
Découvrir le Royaume, c'est aussi recevoir une intuition de sa grande valeur: nos acquis sont peu de chose face à ce joyau. Les étoiles aussi
disparaissent en présence du soleil.
Découvrir le Royaume, c'est se mettre en marche pour l'acquérir. Son prix ne lèse pas les plus pauvres, au contraire: nous devons nous séparer
de tout ce que nous avons, peu importe ce que nous avons. Ce détachement, ce dépouillement radical est matériel, mais surtout spirituel.
Découvrir le Royaume, c'est mourir, c'est accepter de perdre toutes nos certitudes, de faire table rase dans notre vie, de vider le temple de
notre âme pour Lui laisser toute la place et renaître par Lui, avec Lui et en Lui.
Découvrir le Royaume, c'est perdre pied pour pouvoir avancer en eaux profondes vers une vie qui ne passe pas, c'est lâcher prise en toute confiance, car il est Amour et Vérité.
En fait, on n'a jamais fini de dé-couvrir le Royaume...
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Mardi 29 juillet 2008
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20:35
Initialement, Internet a été conçu pour des opérations militaires.
Puissions-nous en faire un instrument de paix et d'évangélisation.
"Si Internet ne peut jamais remplacer l'expérience profonde de Dieu que seule la vie concrète, liturgique et
sacramentelle de l'Eglise peut offrir, il fournit certainement un supplément et un soutien uniques qui prépare à la rencontre avec le Christ en communauté, et qui soutient le nouveau croyant sur
le chemin de foi qui s'ouvre à lui
[...]
J'exhorte toute l'Eglise à franchir courageusement ce seuil, à prendre le large dans les profondeurs d'Internet, afin qu'à présent, comme par le passé, le grand engagement de l'Evangile et de la
culture puisse montrer au monde "la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ" (2 Co 4, 6). Puisse le Seigneur bénir tous ceux qui oeuvrent à cet objectif"
(Jean-Paul II)
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Mardi 29 juillet 2008
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CATHÉDRALE DE LIÈGE
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Surprise aujourd'hui à la cathédrale!
Une imposante et superbe banderolle
traverse son choeur pour annoncer l'événement...
Marie, c'est toujours pas trop mon truc... mais là,
quand on entre dans la cathédrale, on ne voit qu'elle. Imposante, comment ne pas se sentir interpellé par elle... ou par son image. On attend la suite avec impatience...
Exposition mariale du 14/08 au 16/10 (10h-17h) Vernissage le 13 août à 17h30... ... pour le 75ème anniversaire des apparitions à BANNEUX
Renseignement: 04/232.61.32 ou www.tresordeliege.be
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Source: site du diocèse de Liège:
Nostre Dame
Les plus belles statues de la Vierge en pays de Liège (XIe-XVIIIe siècle)
Une exposition à ne pas manquer à la cathédrale de Liège
Sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine Fabiola
à l'occasion du 75e anniversaire des apparitions de la Vierge à Banneux
Banneux concrétise, de manière particulière, la dévotion mariale dans notre diocèse. Le Comité, constitué pour célébrer le 75e anniversaire des
apparitions, a sollicité le Trésor de notre Cathédrale pour organiser une exposition mariale. En inaugurant cette exposition autour du 15 août, un lien magnifique s'opère, par l'intermédiaire de
la cathédrale, entre Liège et Banneux.
Au fil des ans, Outremeuse est devenu l'épicentre du culte marial à Liège, avec sa célèbre Vierge de procession. Mais bien avant Banneux et
Outremeuse, dès le Moyen Âge et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, la dévotion mariale à Liège a été très forte.
Un parcours de découverte de la sculpture mariale, à travers les principales statues de vierges, liégeoises et autres, conservées en pays de
Liège, sera proposé dans un lieu insolite et sublime, le chœur de la cathédrale et ses collatéraux. Autour de la sedes du XIIIe siècle de la cathédrale, le public découvrira la manière de
sculpter l'image de Marie à travers les siècles. Les appellations de la Vierge sont multiples, concourant toutes à sa gloire et à sa vénération, sous les angles quelquefois plus particuliers de
son intercession. À l'instar de grands centres mariaux proches, ou plus lointains et internationalement réputés, des pèlerinages plus modestes se sont organisés dans le pays de Liège. Le thème
iconographique marial traverse donc les périodes historiques avec une intensité variable mais avec constance.
Philippe GEORGE, Conservateur du Trésor
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Du 14 août au 26 octobre 2008, Chœur de la cathédrale de Liège et collatéraux
Tous les jours (sauf le lundi), de 12 à 17 heures,
de 12 à 16 heures le dimanche, visites guidées : infos 04 232 61 32
En collaboration avec la Province et la Ville de Liège, le Comité du 75e anniversaire de Banneux, l'Évêché de Liège, la République libre d'Outremeuse
et Ethias.
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Lundi 28 juillet 2008
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La Foi est loin d'être un long fleuve tranquille ou un trésor à jamais acquis. Elle est à redemander tous les jours et à cultiver sans cesse
au fond de son coeur pour que puissent fleurir tous les jours les fruits de l'Amour. En terme de jardinage, je dirais que la Foi est une plante annuelle et non une vivace: il faut la replanter
inlassablement sinon elle meurt, alors que la vivace, une fois semée, ne nécessite plus qu'un petit arrosage épisodique pour durer...
Ma Foi, c'est une relation quotidienne et intime qui s'était établie entre Lui et moi: je Lui confie ma vie, mes questions, mes erreurs, mes
bonheurs. Il me fait comprendre qu'Il est là et je sens bien que quelque chose que je ne conçois pas est en train d'essayer de reprendre possession de ma vie pour la modeler à l'image de son
Fils, si je Le laisse faire (c'est pas gagné). Une présence impalpable au coeur de chaque vie. Une source d'amour et de paix en surabondance. Plus je la découvre, plus je pense que vivre
sincèrement cette découverte ne peut se faire qu'en réglant toute ma vie sur Lui. Je dois mourir à moi-même pour l'autoriser à naître en moi. Si je le veux, c'est un choix radical qui se profile
sur un horizon encore flou.
Mais je disais donc que la Foi n'était pas un fleuve tranquille. En particulier, ça fait une quinzaine de jours que je ne ressens plus rien.
Ca ne veut pas dire que j'ai perdu la Foi, comme on égare son parapluie... Pas du tout. D'ailleurs, je prie plus qu'avant. J'ai tout le temps envie de prier... C'est presque paradoxal, parce que
je ne ressens que l'absence de Dieu, comme le soleil qui se retire pour laisser place à la nuit. Quand je prie, j'ai l'impression qu'il n'y a plus personne en face et que je parle dans le vide.
Petit clin d'oeil de la raison, je me sens idiote parfois, dans ces cas-là...
Depuis deux semaines, je vis l'Eucharistie quotidienne comme un grand vide, comme une absence... mais je la vis quand même. Il s'est retiré... J'essaie de ne pas en faire autant... Je Le rappelle de tout mon coeur... Cette expérience est assez perturbante, bousculante, désemparante même. Comment
faire et comment penser quand il n'y a plus rien sur quoi s'appuyer? Les sens sont au chômage technique. L'intellect aussi. C'est comme flotter dans le vide intersidéral: quelle que soit la direction dans laquelle je regarde, il règne une obscurité à couper au couteau. C'est le silence radio. J'ai perdu la fréquence. Je me retrouve seule avec mes aspirations, toutes tournées vers Celui qui n'est plus présent. Si le Christ
est un Époux pour son Église, c'est un Époux volage...
Mais ce n'est que dans l'obscurité qu'il fait bon espérer la Lumière...
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